Nintendo Family Computer

Nintendo Family Computer

La Nintendo Family Computer, sortie en 1983, est l'entrée de l'entreprise dans le monde du jeu vidéo. Vendue à 500 000 exemplaires dans les premiers mois, le premier modèle est spécifique au marché japonais aussi bien par sa compacité que par les économies réalisées dessus...

Petite, avec des manettes dont les fils sont soudés à la console et pas équipées de connecteurs, elle est prévue pour être posée au milieu du salon pendant le jeu puis rangée sous la TV avec les manettes encastrées dans le châssis, contrairement à sa version internationale (Nintendo Entertainment System ou NES). Une série de petites astuces l'ont rendue deux fois moins chère que la concurrence, tout en la limitant techniquement; problème contourné par la possibilité d'améliorer la console via des puces intégrées aux cartouches. Essentiellement disponible au Japon, des version indienne (Tata Famicom) et coréenne (Samsung Famicom) ont également existé.

Elle est prévue dès l'origine pour faire autre chose que du jeu : d'abord avec le Disk System, qui permet à l'usager de charger un logiciel sur une disquette dans des kiosks de rue, puis avec un modem.

La seconde mouture de la console intègre directement le Disk System et le modem. Elle sera produite jusqu'en 2003.

Nintendo Entertainment System (NES)

NES control deck

Version internationale de la Famicom, et sortie en 1985, la NES s'en distingue sur plusieurs points :

  • le format des cartouches, et leur chargement, est différent : par le dessus sur la Famicom, par caddie avec clapet sur la NES.
  • les manettes sont connectées à la console au lieu d'être soudées, et sont identiques entre elles (bouton start/select sur la manette 2, et pas de micro)

De plus, les versions US et Europe sont "zonées" :  les jeux d'une zone ne fonctionnent pas sur la console de l'autre zone et vice-versa. En France, la console est distribuée avec une prise Péritel ou SCART au lieu d'une sortie composite.

Techniquement, la console est identique à la Famicom, et profite donc des mêmes restrictions et capacités. Via l'ajout de périphériques à la console et de puces d'extension aux cartouches de jeu (il n'y aura aucune version du Disk System pour la NES), la machine voit sa durée de vie fortement rallongée :

  • le zapper (pistolet lumineux), rendu célèbre par le jeu Duck Hunt dont le chien hilare quand le joueur rate ses tirs est passé au rang de mème tellement il a rendu de joueurs furieux ;
  • le multitap, permettant de jouer à 4 sur une seule console, rendant des jeux comme Bomberman ou Micro Machines absolument indémodables pour les parties à plusieurs ;
  • Rob le robot, à qui on peut donner des ordres via la manette et effectuer quelques mouvements de base ;
  • le Power Glove, dont le latex (qui se détériorait assez vite) aura vite collé aux doigts des personnes assez aventureuses pour s'en servir sur la poignée de jeux compatibles...

Il y a eu aussi de nombreux accessoires (joysticks) tiers sortis pour la console. Les extension ajoutées aux cartouches, la plupart nommées Memory Mappers ou Memory Management Controllers (MMC), permettent l'ajout de fonctionnalités suivantes:

  • défilement multidirectionnel
  • fonds animés (visibles sur Contra, par exemple, là où les versions US et européenne Probotector sont statiques)
  • sauvegardes (Legend of Zelda), au lieu d'avoir à saisir des mots de passe
  • davantage de canaux audio
  • écran divisé (split screen) horizontal ou vertical.

Les plus puissants, le MMC5 de Nintendo (le MMC6 est techniquement moins puissant mais combine des fonctionnalités courantes pour moins cher)  et le VRC6 de Konami/Yamaha, augmentent considérablement les capacités de la console, aussi bien musicalement (jusqu'à 6 canaux FM de plus, et/ou un canal PCM de plus) que visuellement (possibilité de gérer des tables de 16384 glyphes au lieu de 256) qui font de la Famicom ou de la NES des machines "plus que 8-bit". Cependant, par rapport à la Famicom, la NES ne peut pas profiter de toutes les améliorations sonores apportées par ces puces à cause de la suppression de 2 contacts dédiés sur les cartouches d'une part, et par les limitations que Nintendo exerce sur certains MMC non autorisés à l'export d'autre part.

Sans compter la taille des jeux, passant d'un maximum de 32 Ko à 2 Mo (en pratique, aucun n'a dépassé le Mo).

  • Processeur principal : 8 bits Ricoh 2A03 basé sur le noyau d'un processeur MOS Technologies 6502, cadencé à 1,789 772 MHz (NTSC) ou 1,773 447 MHz (PAL)
  • Mémoire vive : 2 ko
  • Vidéo : 8-bits PPU (Picture Processor Unit) de Ricoh
  • Mémoire vidéo : 2 ko
  • Définition : 256×240
  • Palette de couleurs : 52 couleurs (palette non standard RVB)
  • Sprites supportés par le matériel :
    • Nombre maximal de sprites à l'écran : 64
    • Nombre maximal de sprites par scanline : 8
    • Taille des sprites : 8×8 ou 8×16 pixels (taille globale pour tous les sprites à la fois)
    • Nombre de couleurs différentes affichables par sprite : 3 (dont 1 clé de transparence)
  • Audio : son PSG spécifique intégré au CPU (2a03). Un total de 5 voies programmables réparties comme suit:
    • 2 voies de forme d'onde "carrée"
    • 1 voie de forme d'onde "triangle"
    • 1 voie de type "bruit blanc"
    • 1 voie PCM
    • la 2e manette comporte un microphone (Famicom uniquement).
  • Contrôleurs : 4 touches directionnelles A, B, select, start
  • Ports : 2 ports manettes (sauf Famicom, manettes soudées), port d'extension (lunettes 3D, clavier…)
  • Support des jeux : cartouche ou disquettes (Japon uniquement pour ces dernières)