Sega Megadrive

Sega Megadrive

Appelée Genesis aux États-Unis, la Megadrive succède à la Master System dans le catalogue de Sega dès 1988. Console 16-bit, elle permet de prendre le pas sur Nintendo, mais techniquement surtout sur la PC Engine de Nec en proposant des jeux plus beaux, avec une meilleure qualité sonore et davantage de contenu. Comme la Master System avant elle, la console est basée sur une architecture similaire aux machines d'arcade fabriquées par Sega à ce moment-là : la System 16.

Sorti pour faire usage de la rapidité d'exécution de la machine et pour créer une mascotte pour la marque, Sonic le hérisson (Sonic the Hedgehog) est résolument différent de Mario : bleu (au lieu d'être rouge), animal (au lieu d'humain) et purement basé sur la vitesse, le hérisson bleu aux espadrilles rouges devient l'emblème de la marque dès la sortie du premier opus. Le second volet du jeu devient une référence en matière de gameplay nerveux et cimente la bestiole comme emblème de Sega.

D'autres jeux, développés en réaction aux partenariats que Nintendo avait liés avec des développeurs tiers comme Capcom, ont marqué le paysage du jeu vidéo de manière durable. On notera:

  • Golden Axe
  • Altered Beast
  • Streets of Rage (Bare Knuckles au Japon) 1, 2 et 3
  • Sonic, Sonic 2, Sonic 3 (& Knuckles)
  • la série des Thunderforce

et bien d'autres...

Accessoires

La console a connu une flopée d'accessoires, du classique à l'extravagant, y compris au point de la transformer en console "32-bit" :

  • Mega CD (1 et 2) : permet à la console de lire des CD audio (et un peu de vidéo dans les jeux). Le module se connecte à la console via le connecteur dédié et lui apporte également un second processeur identique à l'original de la console. Correctement utilisé, il permet en théorie de doubler les performances de la machine, mais la majorité des développeurs se contente d'utiliser la capacité de stockage du CD.
  • 32X : ajoute un processeur 32-bit à la console, permettant de faire tourner des jeux modernes tels que Doom d'Id Software. Peut être utilisé en même temps que le Mega CD, mais la complexité d'utilisation rend la plateforme peu utilisée.
  • Manette 6 boutons : pour les jeux de baston, comme Street Fighter 2 Turbo.
  • Adaptor Power Base : permet de jouer aux jeux de Master System sur sa Mega Drive. L'adaptateur accepte les Sega My card et cartouches de Master System, mais la console se charge elle-même de l'émulation.
  • Modem : utilisé au Japon, mais pas dans le reste du monde.
  • Sega Menacer (pistolet lumineux)
  • Sega Activator : pad au sol à détection de mouvement, est sensé permettre de jouer aux jeux sans manette. Vraiment pas au point.

Megadrive 2

Version à bas coût de la Megadrive, la version 2 est plus compacte, ne comporte plus de sortie casque ni de contrôle de volume, et simplifie le circuit audio en remplaçant le duo YM2612 + YM7101 par un contrôleur compatible mais suffisamment différent (bugs exploités et fidélité des ondes générées) pour que les fans de la marque décrient ce modèle comme décevant. La baisse de prix qui l'accompagne a cependant aidé la console à rester sur le devant de la scène sur les marchés où elle était présente.

Multi-Mega / Genesis CDX et autres combinaisons

Version ultracompacte de la console cumulée avec un Mega CD, la console peut servir de baladeur CD.

Non commercialisées par Sega mais fabriquées sous licence, des combos comme les Victor Wondermega RG-M1 et RG-M2, ou la Pioneer LaserActive permettait d'économiser de la place dans un salon japonais (typiquement très exiguë) en combinant lecteur CD, lecteur de CD vidéo et de Laserdisc et console de jeu en un seul appareil. Ces appareils sont, pour la plupart, resté cantonnés au marché asiatique.

Caractéristiques techniques

Console de base :

  • CPU : Motorola 68000 à 7,6 MHz
  • RAM : 64 Ko
  • Vidéo : 64 Ko de RAM, 61 couleurs sur une palette de 512 en 320x224
  • Son :
    • Zylog Z80A + 8 Ko de RAM (aussi utilisé pour la rétrocompatibilité Master System) ,
    • PCM : Ti SN76489
    • FM : YM2612 + YM7101 (fusionné dans le FC1004)
  • 2 connecteurs manette
  • 1 connecteur d'extension
  • 1 port cartouche

Le Mega CD ajoute :

  • 1 CPU : Motorola 68000 à 12,5 MHz
  • 128 Ko de ROM
  • 1 Mo de RAM réparti entre la RAM système, une banque de son, un cache CD et de la RAM pour sauvegarde (le format CD empêchant toute sauvegarde sur le média, contrairement aux cartouches)

Le 32X ajoute :

  • 2 processeurs Hitachi SH-2 32-bit à 23 MHz
  • 256 Ko de RAM
  • 1 circuit vidéo capable d'afficher 32768 couleurs et 256 Ko de RAM
  • 1 circuit sonore PCM stéréo.
  • Une version de la console avec une Megadrive directement montée d'une 32X, nommée Neptune, a été abandonnée.
Megadrive II + MegaCD 2 + 32X
Une Megadrive II avec un MegaCD II et une 32X

Une trentaine de jeux 32X, dont 6 en 32X + MegaCD, sont sortis pour la plateforme. Bien que le combo Megadrive + MegaCD + 32X constitue une machine avec une puissance théorique étonnante pour le prix et l'époque, l'étrange répartition des ressources système (Z80 + Motorola 68000 de la base, Motorola 68000 du MegaCD et la paire Hitachi du 32X) rend la programmation d'un jeu pour la plateforme particulièrement alambiquée; le support par Sega des accessoires ayant été assez problématique, la plateforme a été un flop retentissant - surtout quand la Saturn, du même fabricant, aussi puissante mais un peu moins complexe, est sortie en même temps...