PlayStation

Sony PlayStation

À l'origine du produit, une tentative de coopération entre Sony et Nintendo pour créer un lecteur CD pour la Super Nintendo, le projet a capoté avec Nintendo partant avec Philips (qui a accouché du CD-i), et Sony, laissé sur le carreau, a décidé de se venger.

Sortie en 1994, la "Play Station" (PSX était son nom de code) est la première console du fabricant, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils n'y sont pas allés de main morte. Dirigé par un des pères du projet MSX, le projet se basait résolument sur le format CD et un rendu 3D polygonal ; ayant constaté l'échec d'Atari à cause du manque de développeurs, Sony a mis le paquet pour récupérer des développeurs tiers, aussi bien au Japon que dans le reste du monde.

Square, Namco, Konami, Williams etc. furent démarchés et ont rejoint le projet, basant des bornes d'arcade sur le matériel de Sony en échange de ports pour la future console, laquelle viserait davantage les adolescents et jeunes adultes que leurs concurrents, les mettant directement en concurrence avec Sega plutôt que Nintendo. Afin de développer leurs capacités de développement, Sony racheta également Psygnosis, ce qui influa énormément le design de la console et son kit de développement, lequel finit par être bien plus ouvert (la majorité du développement pour la Playstation pouvait se faire sur un PC) que les écosystèmes fermés de Sega et Nintendo, attirant davantage de développeurs et influençant durablement les technologies choisies.

Sortie sans jeu fourni mais à un prix 100$ inférieur à ses concurrentes, la console a vite vu des jeux qui ont démarré des franchies ou les ont révolutionnées : Crash Bandicoot, Legacy of Kain, Tomb Raider, Wipeout, Ridge Racer, Tekken... Quoique pas dénuée de bugs et pas forcément très puissante (en tout cas pas autant que sa concurrente la plus directe, la Saturn), la console a accueilli de très nombreux jeux de qualité et qui n'ont, par la suite, plus quitté la marque.

La version "salon" de la console a été très peu modifiée pendant toute la vie de la machine; grise, avec le lecteur CD bien au centre du châssis, ses deux ports manette et les deux emplacements de carte mémoire n'ont réellement changé qu'avec la dernière révision de la console, la PSone - laquelle est également sortie en version "transportable", incluant un écran de 5 pouces et 2 petits haut-parleurs.

Un kit développeur bleu a également été déployé, et une version blanche a également circulé.

Les premières itérations de la console incluaient un port parallèle et des sorties A/V directes. Ces prises ont été supprimées de la plupart des versions ultérieures.

Soucis techniques

Bien qu'elle fut un succès, la console a connu nombre de déboires:

  • le GPU plaque les textures aux polygones de manière linéaire, sans correction de perspective, distordant fortement celles-ci lorsque le polygone a une perspective forte. Pour cette raison, et aussi parce que cela augment le nombre de polygones disponible par trame, plusieurs jeux ont favorisé l'utilisation de polygones non mappés pour le rendu. On notera par exemple Final Fantasy 7, Tomb Raider et Crash Bandicoot : les personnages comportent peu ou pas de textures mais sont constitués d'un nombre de polygones important. Ce bug, inclut depuis l'origine, n'a pas pu être corrigé jusqu'à la fin de vie de la console, les développeurs ayant conçus leurs jeux autour.
  • Les premières itérations de la console chauffaient fortement, ce qui causait l'usure anticipée ou la déformation de plusieurs composants plastiques et causait le décalage de la lentille du lecteur CD, rendant la console incapable de lire les disques. Les dernières versions de la console ont remplacé ce rail par une version métallique et les composants électroniques étant devenus moins gourmands, ceci a été corrigé.
  • Le mode d'adressage des cartes mémoire a fait qu'il n'y avait pas moyen d'avoir plus de 15 sauvegardes par carte, à moins d'utiliser un bank switcher non officiel.

Accessoires

Cartes mémoire : le support CD n'étant pas inscriptible, il fallait sauvegarder les parties quelque part. Chaque carte comportait 15 emplacements de sauvegarde, certains modèles non officiels permettaient la bascule de banque et augmentait donc le nombre de sauvegardes possibles.

Contrôleurs : sortie avec un contrôleur 10 boutons + croix, la console a vu assez rapidement débarquer des contrôleurs analogiques, avant de sortir la désormais obligatoire Dual Shock.

PlayStation mouse : supportée par près de 70 jeux, c'est une souris qui permet de jouer... Comme sur PC. Lemmings, Final Doom, Quake II supportaient tous la souris en remplacement d'une manette.

GunCon : pistolet lumineux. Supporté par une quinzaine de jeux, la plupart des ports de jeux de light gun d'arcade.

Caractéristiques techniques

  • CPU : MIPS 3000A compatible RISC MIPS R3051 (5Ko de cache L1 : 4 Ko instruction, 1 Ko data) à 33,8688 MHz. Inclut 2 coprocesseurs:
    • Geometry Transformation Engine : accélérateur à virgule flottante. Essentiellement, pour le rendu de polygones.
    • Motion Decoder : décompression d'image (textures et films)
  • RAM : 2 Mo centrale, tampon vidéo de 1 Mo, tampon sonore de 512 Ko
  • GPU : modèle spécifique construit par Sony mais mis au point par Toshiba.
    • résolution  max : de 256x244p à 640x480i et 16 millions de couleurs
    • capable de gérer 3D nativement et 2D par émulation, avec fonctionnalités de gestion de sprites, déformation, transparences etc.
  • Son : stéréo 16-bit 44100 Hz
    • compatible MIDI
    • mixage de 24 canaux ADPCM
    • les deux points ci-dessus on permis de développement du format PSF - pour qui a déjà utilisé un module sonore Amiga, c'est le même principe.
  • Stockage : lecteur CD 2x (300 Ko/s) avec tampon de 150 Ko
    • 2 ports Memory Card de 128 Ko chacune (sauf PSone)
    • la PSone intègre une Memory Card de 128 Ko inamovible