Super NES Super Famicom

Super Famicom/Super NES

Prenant la suite de la Famicom mais surtout de la NES, la Super Famicom (Japon) ou Super Nintendo Entertainment System est la première console 16-bit de Nintendo. Résolument orientée jeux de salon, seul le design US change par rapport au reste du monde (version violette, assez carrée) avec des profils de cartouches différents entre ces deux versions. Techniquement, sinon, les machines sont identiques que ce soit entre la version japonaise de 1990 à la version russe de 1994 - suite à la dissolution de l'URSS, les consoles de jeux officielles ont enfin pu arriver dans l'ex bloc communiste, alors qu'avant seules des copies pirates ou des exemplaires introduits en fraude circulaient.

Sortie après sa principale concurrente, la Sega Megadrive, la console de Nintendo met en avant des effets plus poussés (le mode de scrolling "en perspective" mode 7, rotation de sprites), et une palette de couleurs plus large. À l'inverse, la console de Sega a des capacités de défilement plus poussées et, pour la première mouture du moins, un circuit audio plus proche des synthétiseurs de l'époque permettant plus de créativité.

C'est avec cette génération que la guerre des consoles s'est réellement déclarée, ce qui a forcé Nintendo à relâcher un peu sa politique de contrôle des jeux acceptés sur la console... Et donc permis la sortie de jeux d'éditeurs un peu plus variés et surtout la fin de l'exclusivité, où Nintendo exigeait qu'un jeu sorti sur leurs plateformes ne puisse sortir ailleurs dans un délai de deux ans.

La console a également marqué le début de l'ère des jeux de baston, avec le port de Street Fighter 2, rapidement livré directement avec la console de base. Parfait exemple des restrictions que Nintendo forçait sur les éditeurs, la Megadrive n'a pas eu ce jeu... Elle a directement eu Street Fighter II' Special Champion Edition (boss jouables, 2 joueurs pouvaient prendre le même personnage, Ryu et Ken ont des attaques spéciales différenciées etc.), mais est sortie en retard pour reprendre une partie des améliorations prévues pour le tout juste annoncé Super Street Fighter II : pareil mais avec 4 personnages en plus. Ça s'est arrêté là, il n'y avait plus assez de place sur l'autocollant d'une cartouche pour sortir Super Street Fighter II' Turbo Super Champion Edition Hyper Fighting Plus.

Pour rester sur le secteur, des sagas comme Mortal Kombat et Killer Instinct ont immortalisé la génération des consoles 16-bit comme étant celle des jeux de baston, mais la super NES a également proposé quelques titres notables : Zelda a Link to the Past a réinventé la licence et reste une référence encore aujourd'hui, les Final Fantasy ont acquis une renommée internationale (avec un micmac de numérotation), Super Mario Kart a vu au moins une mouture par console depuis cette génération, Jurassic Park se permettait des passages en FPS, Donkey Kong Country a revitalisé le marché mourant du jeu de plateforme...

Les accessoires et extensions

La console a vu passer des améliorations, mais la plupart des extensions se trouvait, comme pour la NES, dans des puces additionnelles pour les cartouches. En matière d'accessoires à brancher, la console a connu pléthore d'extensions dont les plus connues sont:

  • Multitap : permet de brancher jusqu'à 4 manettes sur une console. A beaucoup servi avec les Super Bomberman, mais aussi Wario blast.
  • Mouse : la console a connu un logiciel de dessin, Mario Paint. Et dessiner avec une manette, bof... D'autres jeux pouvaient s'en servir, dont Wolfenstein 3D.
  • Super Game Boy : permet de jouer aux jeux Game Boy sur sa console de salon. L'accessoire permet également de coloriser partiellement les jeux.
  • Satellaview : sorti au Japon uniquement (avec un essai avorté aux US), permet de connecter la console à un réseau pour accéder à des informations ou des jeux.
  • Lecteur CD : jamais sorti, les accords passés avec Sony et Philips ont donné naissance à un prototype unique avant que Nintendo ne classe l'affaire. Mais Sony a récupéré le travail effectué pour faire sa Playstation, et Philips a pu mettre Zelda dans son CD-i...

Les extensions

Contrairement à la Famicom qui avait essentiellement des limitations en capacité d'adressage mémoire, la plupart des puces d'extension pour la Super NES sont des coprocesseurs arithmétiques : que ce soit pour décompresser des ressource à la volée, calculer des polygones ou améliorer le fonctionnement d'une intelligence artificielle, plusieurs centaines de cartouches ont comporté un de ces processeurs : Super FX, DSP-1, ou SA-1 (ce dernier est d'ailleurs davantage un second processeur qu'un coprocesseur) ont permis à la console de faire tourner des jeux de la génération suivante comme Street Fighter Alpĥa 2, Star Fox ou Doom.

Caractéristiques techniques

  • CPU : Ricoh 5A22, 3.58 MHz (NTSC) dérivé du WDC 65C816 avec 2 bus d'adressage : un 24-bit et un 8-bit. Le processeur est capable de traiter des données entières et à virgule flottante en 16-bit via un coprocesseur intégré.
  • RAM : 128 Ko.
  • Vidéo : 256 couleurs avec 8 niveaux de saturation, pour un total de 32768 en 512 x 448 (max). Géré par une puce spécifique à Nintendo, double coeur, et nommée S-PPU - c'est une version fortement améliorée de la puce présente dans la NES.
  • Son : 8 canaux ADPCM gérés par 2 puces + 64 Ko de RAM.